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Mardi 9 juin 2009

Joseph Dimi, un artiste peintre de talent emporté par la maladie

L’artiste peintre Joseph Dimi a été emporté à la fleur de l’âge, au moment où les arts avaient encore besoin de son pinceau. Un peintre choisit-il un métier ou le métier s’impose-t-il à lui ?
De son vivant, Joseph Dimi aurait sans nul doute opté pour la deuxième proposition.

Joseph DimiEn effet, très jeune, Joseph Dimi dessine, griffonne et caricature sur tout ce qu’il trouve. Il rejoint, à l’âge de quinze ans,
la mythique École de peinture de Poto-Poto. Alors que tout s’annonçait bien, il tombe malade et plonge dans un profond coma pendant lequel il voit l’image d’un vieillard lui montrant des masques. À son réveil, Joseph Dimi se met aussitôt à restituer sur papier les masques dont il avait eu la vision. Son style naîtra de cette expérience.

Originaire de Ngania, Joseph Dimi vit à Mossaka – l’un des districts du département de la Cuvette – et y fréquente l’école jusqu’en classe de quatrième, avant de s’inscrire à l’École de peinture de Poto-Poto en 1983. Il obtient un prix qui lui ouvrira les portes de l’École des Beaux-Arts de Paris, en France. Il y excelle, notamment dans les ateliers de Pierre Claron où il fut surnommé le « Matisse d’Afrique équatoriale », sans doute en raison de sa palette de couleurs et de son style inspiré de l’Égypte ancienne, que l’écrivain congolais Théophile Obenga appréciera beaucoup.

Il participera à l’élaboration de plusieurs fresques, notamment au CHU de Brazzaville, au bar La Congolaise et à la tour Nabemba. Il fut couronné par le prix du Centre international de la civilisation bantou (Ciciba) au Gabon. En 1989, la présidente de l’association France Liberté, Danielle Mitterrand, et la présidente de la fondation Congo Assistance, Antoinette Sassou N’Guesso, découvriront son talent exceptionnel. Joseph Dimi a participé à plusieurs expositions tant collectives qu’individuelles à travers le monde sous le parrainage d’Elf Congo et Elf Aquitaine aux États-Unis, en Allemagne, en Suisse, en France,
en Yougoslavie, au Sénégal, au Gabon et au Congo, son pays.

On reconnaît son style à travers ses tableaux, mosaïques des symboles traditionnels comme le poisson, symbole de la maternité ; la calebasse, symbole du vase aux remèdes ; le tam-tam, image de la danse ; les défenses d’éléphant qui représentent les esprits de la forêt, en d’admirables symphonies bigarrées.

De 1989 à 1994, Joseph Dimi a obtenu notamment le prix du Génie de la Bastille, le prix de Saint-Max à la Biennale des arts bantous en France.

Né un certain 30 avril 1961 à Ngania, dans le district d’Ollombo, fils d’Albert Dimi et d’Antoinette Tsono, Joseph Dimi est décédé le 7 avril 2009, à l’hôpital militaire Pierre-Mobengo de Brazzaville des suites d’une courte maladie, alors qu’il résidait en France. Affectueusement appelé « Mikilis », ce qui signifie « celui qui vit (ou a vécu) en Europe », Joseph Dimi laisse une veuve et quatre enfants.

Jean Dany Ebouélé