Ce report serait dû au manque de moyens financiers et de structures fiables. Le chef de l’État, au cours d’une visite du chantier au Grand Théâtre, l’a clairement précisé : « Puisque nous ne sommes pas prêts et que l’organisation du Fesman ne suit pas le rythme que je lui avais assigné, j’ai envisagé de le renvoyer à 2011 », a confié Abdoulaye Wade à la presse. La décision officielle était suspendue à la délégation envoyée auprès du président brésilien, Lula Ignacio, invité d’honneur de l’événement.
Abdoulaye Wade estime que la troisième édition accueillera près de 300 000 participants. « Il y a trois mois, on avait évalué le nombre de participants à 100 000 ; maintenant, on ne sait plus. Car presque tous les pays veulent venir avec leurs troupes et leurs manifestations culturelles », a-t-il fait savoir. Pour des raisons évidentes, le président Wade ne souhaite pas que le Fesman souffre d’un quelconque amateurisme ou d’une improvisation caractérisée par de nombreux dysfonctionnements. Pour lui, les ratés porteraient atteinte à la dignité sénégalaise. Le Grand Théâtre, le Musée des civilisations noires, l’École d’architecture, la Maison de la musique, quatre des réalisations du parc culturel en chantier, se prêteront mieux à ce rendez-vous artistique mondial en 2011.
Cependant, la décision du report est loin de faire taire les spéculations. Ainsi d’aucuns pensent-ils qu’un nouveau report pourrait faire perdre aux organisateurs autant de sponsors que de participants. Pour eux, un agenda tenu assure le plein succès à beaucoup de manifestations. D’après la direction du Fesman, le budget avoisine les 20 milliards FCFA, soit environ 30,5 millions d’euros. Avec ce quatrième report, « les organisateurs vont encore devoir mettre de l’argent. Ce sera la quatrième fois que l’on votera un budget pour le Fesman, c’est lourd », soulignait Gilles Arsène Tchedji, journaliste au Quotidien, un journal privé sénégalais.
Rappelons que c’est en 1966 que le Sénégal avait organisé le premier Fesman, sous l’égide du président Léopold Sédar Senghor, qui avait invité le chantre de la négritude, le poète français originaire des Antilles, Aimé Césaire, décédé en avril 2008, à l’âge de 94 ans. Le président Abdoulaye Wade veut faire du Fesman le plus grand événement culturel du continent.
Jean Dany Ebouélé