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Jeudi 30 juillet 2009

Fespam : Brazzaville s’apprête à accueillir la diversité du monde culturel



Alors que les dernières retouches sont apportées à l’organisation de cet événement
aux composantes artistiques variées et à la dimension culturelle profonde, il n’y a plus aucun doute sur la tenue du Festival panafricain de la musique (Fespam). En effet, la septième édition de cette grand-messe artistique a déjà planté le décor, et il s’annonce plutôt bien... Outre son caractère culturel, ce festival est aussi un cadre scientifique où l’on explore, analyse et évalue la musique africaine dans tous ses états

À quelques heures du lancement officiel, aucune composante ne semble avoir été mise de côté. Du point de vue artistique,
le 3 août, un grand carnaval à travers les artères principales de Brazzaville est prévu, avant le coup d’envoi donné en début de soirée par le président Denis Sassou N’Guesso, qui tient à la réussite de l’événement. On se souvient encore de sa déclaration devant le Parlement réuni en congrès, en août 2008 : « Je voudrais à nouveau souligner que le Fespam, ce grand rendez-vous de la musique africaine et de la diaspora, offre à notre pays l’occasion d’exercer sa communication et sa diplomatie par la magie de la culture et des arts. Pour la jeunesse africaine, il crée l’opportunité de renforcer l’unité du continent. »

Au stade Félix-Éboué, grand monument historique du Congo où est déjà monté le podium, l’ambiance sera à son comble en cette soirée. Un hommage sera rendu à l’élite de la musique africaine et à sa diaspora : à Miriam Makeba (Mama Africa), invitée du président lors de l’édition de 2007 et décédée le 10 novembre 2008 à l’âge de 76 ans ; mais aussi à Michael Jackson,
le roi de la pop, emporté le 25 juin dernier à l’âge de 50 ans ; et au mythique orchestre congolais, Les Bantous de la capitale, qui fêtera son cinquantenaire le 15 août prochain.

La soirée sera animée, entre autres, par Fanny J, une jeune chanteuse de zouk originaire de Guyane ; Sefyu, de son vrai nom Youssef Soukouna, un artiste musicien français d’origine sénégalaise ; l’Algérien Mohammed Tarik Belgot dit « Cheb Tarik » ; Abdou Guité Seik du Sénégal ; et des artistes locaux, à l’instar du groupe Kingoli authentique d’Excellent Mavimba, et sans doute le trio effervescent composé de Shéryl Gambo, Noura Patch et Sonia Saigne. Un show laser sera également projeté
au cours de cette même soirée inaugurale. 
Le thème de cette édition suscite beaucoup d’intérêt de la part des experts internationaux. Les « Musiques africaines
à la croisée des chemins de la mondialisation »
seront au cœur des travaux du symposium. Une pléiade d’experts internationaux, plus de soixante, sont attendus à Brazzaville dans le cadre des activités scientifiques : exposition d’instruments traditionnels de musique, tribune de musique africaine, atelier Chefs de chœur sans frontières et atelier Droits d’auteur.
Ces rencontres scientifiques internationales regrouperont à la fois musicologues, muséologues, ethnomusicologues, musicographes, conservateurs de musée, critiques littéraires, professeurs d’université, chroniqueurs culturels, esthètes, politologues, sociologues, historiens ainsi que d’éminentes personnalités scientifiques. Ces experts, venus de tous les horizons géographiques, orienteront leurs réflexions sur le rôle des musiques africaines et de la diaspora
dans la mondialisation.

Les vingt communications attendues seront axées sur la portée et l’intérêt historique, politique, économique et socioculturel
des musiques africaines, et le rôle de la diaspora à travers la mondialisation. Le public pourra ainsi mieux comprendre
les tenants et aboutissants des problèmes que soulève la mondialisation au plan culturel : l’anthropologue américaine Sheila Walker fera un exposé sur « Bambulaka : danser dans la diaspora » ; Sié Hien, de Côte d’Ivoire, interviendra sur « La musique africaine face au défi de la mondialisation : menace ou chance de survie ? » ; Juan José Santander d’Argentine s’attardera sur « L’Afrique, de mère universelle à fille abandonnée » ; le Malien Adama Traoré s’exprimera sur « Les mécanismes de préservation de la musique africaine dans un contexte de mondialisation » ; et Brahim El Emazned, du Maroc, présentera
une conférence « Du micro local à l’international : l’exemple de la musique amazighe dans le circuit de musiques du monde »…

Jean Dany Ebouélé