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Mercredi 30 Décembre 2009

Le ministère de la Culture et des arts à la recherche des financements au profit de ses infrastructures



Lors de la tenue à Brazzaville le 23 décembre du Conseil de ministres, l'avant-dernier au titre de l'année 2009, sous le patronage du président de la République Denis Sassou N'Guesso, les membres du gouvernement ont approuvé entre autre le projet de loi autorisant la ratification de la convention sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

A la sollicitation du ministre de la Culture et des arts, Jean-Claude Gakosso, l'intérêt accordé à ce projet de loi en son article 2, dispose que le patrimoine culturel immatériel se manifeste notamment dans les domaines des traditions et expressions orales. Y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel. Car il est établi que chaque année, au moins une centaine de langues maternelles disparaissent à travers le monde. Cet accord concerne également les arts du spectacle, les pratiques sociales, les rituels et les événements festifs, les connaissances et les pratiques concernant la nature et l'univers, les savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel. C'est à mettre à l'actif du département en charge de la Culture et des arts au titre de l'année qui s'achève.

La ratification de cette convention adoptée le 17 octobre 2003 par la Conférence générale des Nations unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO) à en croire le ministre Jean-Claude Gakosso, permettra au Congo de bénéficier de la coopération et de l'assistance internationale dans la mise en œuvre des initiatives nationales de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Une loi qui s'ajoutera à la proposition de loi portant protection du patrimoine national culturel et naturel adoptée par les deux instances du Parlement. Initiée par le député Daniel Zoula, en effet, cette proposition fait suite à la loi d'orientation générale sur la politique culturelle nationale adoptée il y a quelques mois par le Parlement. Elle permettra au Congo de sauvegarder son héritage naturel et culturel légué par les ancêtres. « Elle correspond à une loi d'orientation et permettra de protéger et valoriser le patrimoine culturel national », affirmait Jean-Claude Gakosso aux parlementaires.

S'agissant du programme relatif à la réhabilitation de la mémoire de la nation à la demande du président Denis Sassou N'Guesso, l'inauguration de la première série des monuments a eu lieu à Brazzaville. La statue de la Liberté a été dévoilée au grand public le 28 décembre par le chef de l'Etat congolais. Par la même occasion, ont été inaugurées les statues des présidents Fulbert Youlou et Jacques Opangault en présence de plusieurs personnalités dont les membres des familles respectives des deux hommes illustres. Ainsi que la colonne de l'Indépendance placée au rond-point de Poto-poto. Le tout pour un coût global de 666 millions de Fcfa, entièrement financé par le gouvernement congolais. S'en suivra l'installation des bustes d'au moins une vingtaine de personnalités ayant marqué l'histoire de la nation congolaise, dont six à Pointe-Noire attendues pour les prochaines années.

D'autres grands faits institutionnels ont marqué l'année qui s'achève. On peut évoquer la tenue de la 7e édition du Festival panafricain de musique (Fespam) en dépit de quelques disfonctionnements constatés. Le lancement au plan national a eu lieu à Ouesso dans le département de la Sangha. Il a été incontestablement une réussite en comparaison avec ceux des années antérieures qui se sont déroulés à Oyo et à Dolisie, au regard de la mobilisation de la population à travers le rite folklorique à l'instar du groupe Blafon, l'ensemble traditionnel Nabemba, Bana Moye, Bana Etiké, Etoile Sangha de Ouesso, Djengouma, Essongo, Olendé, Kingoli rénové, Ouessowo etc.

L'élan a été impulsé quelques jours après à New York où la délégation du Fespam était à la rencontre de la diaspora noire tant africaine qu'américaine. Le thème de cette dernière édition étant « Musiques africaines à la croisée de la mondialisation », justifiait à lui seul le choix de Harlem pour le lancement de l'événement : « Nous avons choisi de venir lancer le Fespam à New York pour rendre hommage à cette ville et à sa population qui incarnent de manière emblématique la part africaine de l'âme du peuple américain. Nous n'oublions pas tous ces hommes et ces femmes de courage, au nombre desquels Abraham Lincoln et Martin Luther King, qui ont engagé le combat pour la liberté et la dignité humaine avec les généreuses avancées philosophiques, politiques, juridiques, économiques, culturelles et sociales », s'exprimait alors Jean-Claude Gakosso.

Le thème de cette édition a d'ailleurs été profondément scruté par la pléiade d'experts internationaux qui ont pris part au symposium scientifique qui regroupait à la fois les musicologues, muséologues, ethnomusicologues, musicographes, conservateurs de musée, critiques littéraires, professeurs d'université, chroniqueurs culturels, esthètes, politologues, sociologues, historiens ainsi que d'éminentes personnalités scientifiques. Ces experts, venus de tous les horizons géographiques, avaient orienté leurs réflexions sur le rôle des musiques africaines et de la diaspora dans la mondialisation. Au moins vingt communications axées sur la portée et l'intérêt historique, politique, économique et socioculturel des musiques africaines, et le rôle de la diaspora à travers la mondialisation, avaient meublé les débats. L'enjeu était de permettre au public de mieux comprendre les tenants et aboutissants des problèmes que soulève la mondialisation au plan culturel.

A propos de la feuille de route du gouvernement, mission prescrite par le président de la République aux membres de l'exécutif, le ministère de la Culture et des arts est tenu d'arrêter le programme de construction et de réhabilitation des musées, des maisons de la culture, des salles de spectacle, des monuments et autres lieux de mémoire. Ici, ce programme a bien connu un certain élan d'avancement à la vue de la réalisation de plusieurs projets, dont l'érection des monuments de l'histoire ou la réhabilitation du Centre de formation et de recherche en art dramatique (CFRAD).

Enfin, il est bien évident que la volonté du ministère en charge de la Culture et des arts ne suffit pas en soi à faire bouger les choses au sein de ce département qui reste tributaire des priorités du gouvernement s'il veut satisfaire la demande d'un public de plus en plus critique. Reste donc à soutenir, au moment de l'exécution du budget de l'Etat exercice 2010, l'effort financier engagé depuis 2002, afin que la création d'infrastructures culturelles attendues devienne enfin une réalité visible.

Jean Dany Ebouélé