Paris, le 15 janvier 2009
Élisabeth Cornu :
« La Galerie Congo constitue une richesse culturelle fantastique »
Arrivée à Brazzaville le 12 décembre dernier sur invitation de l’ambassadeur des États-Unis au Congo, Alan Walker Eastham, pour animer pendant trois semaines une formation au bénéfice du personnel du Musée national congolais, dans le cadre du renforcement des relations culturelles, Élisabeth Cornu, chargée de la conservation au Musée de San Francisco (États unis), a mis à profit son séjour pour rendre visite à la Galerie Congo située dans l’enceinte des Dépêches de Brazzaville, avenue Paul-Doumer, au quartier Mpila. Elle donne ici son appréciation sur cet espace.
Les Dépêches de Brazzaville (LDB) : Quelle idée vous faites-vous de la Galerie Congo au terme de votre visite ?
Élisabeth Cornu (EC) :
Je peux dire que ce que j’ai vu constitue une richesse culturelle fantastique.
Non seulement la Galerie Congo présente des objets traditionnels, mais aussi des objets qui relèvent de la culture pygmée. C’est quelque chose d’extraordinaire, qui m’a fortement marquée. Le constat est que dans cet espace l’art et la tradition vivent, et c’est important de le savoir.
LDB : Comparativement à d’autres pays, quelles sont les leçons à tirer ?
EC :
Il est vrai que dans certains autres pays à certains moments, on a perdu la formation et les jeunes gens ne savent plus comment produire de l’art. Ici, je constate qu’il y a encore un trait d’union. Je pense que c’est parce qu’on sait soigner les objets, mais aussi l’information et l’art, tout en présentant cet art de façon accessible aux Congolais.
LDB : Que peut attendre la Galerie Congo de Brazzaville de la part du Musée de San Francisco ?
EC :
J’ai été face à la richesse du pays qu’on m’a montrée dans cet espace fantastique. Aussi, j’ai appris que la Galerie Congo travaillait en étroite collaboration avec le Musée national pour lequel j’ai été invitée. J’apprécie cette collaboration qui,
à mon avis, est la meilleure manière de travailler. Dans les prochains mois, quand je reviendrai ici, on pourra réaliser un certain nombre de choses ensemble. Par exemple, on pourra organiser des séminaires initiatiques sur la manière de planifier des expositions internationales, sur ce qu’il faut faire pour la préparation des objets à un voyage, sur la manière de faire des pots de réserve de haute qualité, ou sur comment procéder pour sauvegarder son patrimoine, etc.
LDB : Y a-t-il des expositions projetées par votre musée au cours desquelles on pourrait retrouver des œuvres d’art congolaises ?
EC :
Chez nous, comme en Europe, il existe beaucoup de collections privées, et on retrouve des anthropologues et des collectionneurs qui viennent d’autres pays… Nous sommes heureux d’avoir eu des collections en dotation. Dans la collection africaine, il y a aussi celle du Congo. On a tout intérêt à ce qu’il y ait des échanges d’idées pour voir ce qu’il y a à faire à l’avenir.
Propos recueillis par Jean Dany Ebouélé