Paris, le 15 juillet 2009
Entretien avec Ferréol Gassackys
Créateur et administrateur délégué de l’association Lumières d’Afrique, Ferréol Gassackys était de passage à la Galerie Congo de Paris pour présenter le volume 2 de la compilation Terre sacrée,
qui réunit les grands noms de la musique des deux rives du fleuve Congo. Pour nos lecteurs,
il explique la démarche entreprise autour de ce formidable projet musical et culturel.
Les Dépêches de Brazzaville (LDB) : Monsieur Gassackys,
vous préparez la sortie de la compilation Terre sacrée.
Pouvez-vous nous présenter cet opus ?
Ferréol Gassakys (FG) :
Terre sacrée acte 2 est dans la lignée du premier album sorti en 2007. Il s’agit de fédérer les artistes des deux Congo. Avec pour but sur le long terme de toucher ensuite le continent africain dans son intégralité. Cet album est un peu plus étoffé que le premier, qui comportait 9 titres, contre 12 pour ce dernier volume.
LDB : Donc plus de titres et plus de participants ?
FG :
Tout à fait. En plus des deux parrains du projet, Roga Roga
et Papa Wemba, d’autres artistes confirmés, comme Sam Mangwana, Cosmos Mountouari, Oxygène et Koffi Olomidé se sont joints à la réalisation de cet album. Il y a aussi des featurings de grandes stars, comme Mpassi et le rappeur Tekila du collectif Commando Toxic, ainsi que Lino Versace et Borosangi de la Jet Set. Mais aussi de jeunes artistes moins connus, comme Elsa Fylla et Adolain, qui viennent de Pointe-Noire, des jeunes très prometteurs pour qui nous espérons être, avec cet album, une bonne rampe de lancement. Concernant l’ouverture sur le continent, les Ivoiriens de la Jet Set, qui tournent vraiment bien, seront également présents sur l’album. Le mélange entre artistes confirmés et jeunes premiers est l’essence même de l’association Lumières d’Afrique.
Concernant l’ouverture sur le continent, les Ivoiriens de la Jet Set, qui tournent vraiment bien, seront également présents sur l’album.
Le mélange entre artistes confirmés et jeunes premiers est l’essence même de l’Association Lumières d'Afrique.
LDB : Au niveau des techniciens, le casting est aussi de qualité…
FG :
Effectivement. En dehors de nous, les compositions et arrangements sont également assurés par le guitariste
Maïka Munan, que l’on ne présente plus et qui était déjà intervenu sur le premier album, ainsi que par Sec Bidens qui nous a prêté main-forte. Les textes sont exclusivement rédigés par des membres de l’association, qui fournit aux artistes un support technologique et logistique, pour permettre à des jeunes comme Elsa Fylla et Adolain de se faire connaître. Car ils le méritent vraiment.
LDB : Techniquement, où se sont déroulés les enregistrements de l’album ?
FG :
Les enregistrements ont été réalisés en deux lieux, à Brazzaville, d’une part, dans les studios de DRTV, et à Paris d’autre part, dans les studios de la Grande-Armée, situés Porte Maillot.
LDB : Qu’en est-il du lancement ?
FG :
La première étape sera bien évidemment le lancement à Brazzaville, samedi 11 avril. Nous organisons à 11 heures une journée de dédicace, à la Librairie des
Dépêches de Brazzaville, avec Papa Wemba, Roga Roga, Sam, Cosmos, Elsa…
et peut-être Koffi Olomidé. Le soir se tiendra un dîner de presse dès 20 heures à l’hôtel Olympic Palace avec une trentaine de journalistes dont beaucoup de vos confrères de Kinshasa. À Paris, notre distributeur, Rue Stendhal, lancera l’album le 30 avril.
Terre sacrée se trouvera alors dans les points de vente traditionnels comme la Fnac et Virgin, et bien entendu dans le « ghetto » parisien.
LDB : Cette double distribution illustre-t-elle une volonté de donner un rayonnement supplémentaire
à la musique africaine ?
FG :
Oui, nous voulons offrir cet opus au public congolais et africain naturellement, mais nous visons plus large et l’on sait que sa sortie sera très appréciée au « ghetto ». Mais nous voulons que tout le monde puisse profiter de la musique des deux Congo. C’est pourquoi il était important que le disque soit vendu dans des points de vente plus généralistes, comme la Fnac ou Virgin. L’essor de la musique africaine s’affaiblit quelque peu ces derniers temps. La promotion et le mécénat sont en baisse, et il faudrait au moins essayer d’y remédier par des actions.
LDB : Comment l’expliquez-vous ?
FG :
Je pense que la première raison se situe au niveau des textes. La musique, telle que le définit le mythe d’Orphée, se doit de passer un message. Il faut revenir à ce but initial. L’artiste doit écrire et chanter des choses fortes, véhiculer des valeurs.
Or je pense que la musique africaine a un peu perdu cesdites valeurs.
LDB : Aujourd’hui, un groupe mythique comme les Bantous de la Capitale effectue une tournée française couronnée de succès…
FG :
Oui, et c’est une bonne nouvelle. Mais cela s’explique. Les Bantous font et ont toujours fait de la rumba pure, empreinte
des valeurs dont nous parlions précédemment. Lumières d’Afrique veut d’ailleurs s’inspirer de cette musique brillante
et intelligente. La présence de Cosmos Mountouari, qui forme un duo formidable avec Sam Mangwana, est d’ailleurs un beau clin d’œil aux Bantous, que nous respectons beaucoup pour tout ce qu’ils apportent à la musique congolaise et africaine.
LDB : Pour finir, nos lecteurs seront sûrement curieux de savoir si une tournée est programmée…
FG :
Le concept de compilation est tel que chaque artiste a un planning personnel indépendant. Cela est donc théoriquement plus compliqué à programmer. Mais nous y sommes parvenus pour le premier volume, alors nous avons bon espoir d’y parvenir encore cette fois-ci. Nous avons pour ambition de faire une scène en juin. Dans l’unité et la fraternité, qui sont les mots d’ordre de l’association Lumières d’Afrique.
Propos recueillis par Camille Delourme